Le don charismatique ou la loi de la
dîme ? Lequel?
FATEB
– 27 Janvier, 2006 Dr. Peter W. Dunn
(Actes 2.41-47)
Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés; et, en ce jour-là, le nobre des
disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes. Ils persévéraient dans l'enseignement des
apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les
prières. La crainte s'emparait de
chacun, et il se faisait beaucoup de prodiges et de miracles par les
apôtres. Tous ceux qui croyaient
étaient dans le même lieu, et ils avaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs
biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de
chacun. Ils étaient chaque jour tous
ensemble assidus au temple, ils rompaient le pain dans les maisons, et
prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de coeur, louant Dieu, et trouvant
grâce auprès de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à l'Église
ceux qui étaient sauvés.
(Actes 4.32-37) La multitude de ceux qui avaient cru n'était
qu'un coeur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartinssent en
propre, mais tout était commun entre eux.
Les apôtres rendaient avec beaucoup de force témoignage de la
résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n'y avait parmi eux aucun indigent:
tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient
le prix de ce qu'ils avaient vendu, et
le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun
selon qu'il en avait besoin. Joseph,
surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d'exhortation, Lévite,
originaire de Chypre, vendit un champ
qu'il possédait, apporta l'argent, et le déposa aux pieds des apôtres.
(Romans
12:6-8) Puisque nous avons des dons
différents, selon la grâce qui nous a été accordée, que celui qui a le don de prophétie
l'exerce selon l'analogie de la foi; que celui qui est appelé au ministère
s'attache à son ministère; que celui qui enseigne s'attache à son enseignement,
et celui qui exhorte à l'exhortation. Que celui qui donne le fasse avec
libéralité; que celui qui préside le fasse avec zèle; que celui qui pratique la
miséricorde le fasse avec joie.
Ayant
enseigné les Actes des Apôtres plusieurs fois à la FATEB, j’ai lu plusieurs
dissertations exégétiques sur Actes 2.41-47 et Actes 4.32-37. J’ai aussi entendu au moins une prédication
pendant ce culte sur un de ces passages.
Ce qui m’a frappé c’est que chaque fois les exégètes ou les prédicateurs
fatebiens ont mis l’accent si carrément sur l’impératif : ceci est ce que
nous devons faire, si nous voulons vraiment être la communauté de Dieu. Lorsque j’ai enseigné Matthieu 5.20, où Jésus
dit que notre justice doit surpasser celle des scribes et des pharisiens, j’ai
dit que le problème avec des évangéliques est que trop souvent notre justice
EST celle des scribes et des Pharisiens.
Comme notre justice et celle des scribes et des Pharisiens, nous voyons
des actions des disciples les premiers—la persévérance dans l’enseignement des
apôtres, la fraction du pain, la communion des biens—comme des
prescriptions—comme ce que Dieu nous exige en tant que chrétiens pour que nous
soyons la bonne communauté de la foi.
Puisque l’absence de ses qualités nous entoure toujours, nous sommes
obligé de prêcher des prédications et écrire des dissertations exégétiques qui
font des lois des passages qui ne viennent pas à nous dans la forme d’une loi,
mais comme des descriptions de la vraie communauté chrétien comme on l’a
expérimenté dans l’église naissant. Au
moins les Pharisiens ont eu le prétexte que leur tradition était basée sur la
Torah qui est réellement dans la forme d’une loi.
Rien
n’illustre la justice pharisaïque de beaucoup d’évangéliques mieux que notre
enseignement sur la dîme. La plupart de
nous a entendu au moins une fois l’enseignement sur la loi de la dîme, le voici :
la dîme est un dixième de notre salaire avant des impôts; la dîme appartient à
l’église locale—si vous voulez donner à une autre organisation charitable si
bien aux pauvres, de telles dons doivent être au delà de la dîme; si tu ne paie
pas la dîme de toute sources de salaire, tu voles à Dieu et tu ne peux attendre
que Dieu te bénisse de retour; si tu donnes plus d’un dixième, ce sont des
« offrandes » que tu offres librement au delà de la dîme, ce qui est
le droit de Dieu.
Une
femme d’une église charismatique dont nous étions membres m’a dit que son
pasteur lui a dit que si elle ne payait pas sa dîme de sa cheque de
l’assistance sociale, elle ne pourrait plus contribuer aux ministères de
l’église, tel que l’école de dimanche et
le groupe de louange. Ce pasteur, quant
à lui, il n’allait plus permettre que les responsables de son église vole à
Dieu. Est-ce qu’il a compris que cette
femme, qui dépendait de l’assistance sociale avec un fils, avait à peine $150
par mois après avoir payé le loyer, l’eau et l’électricité? Au Canada, on paye difficilement pour la
nourriture de deux personnes avec une telle somme. Au lieu d’avoir de pitié de la situation de
cette femme, ce pasteur est devenu un mercenaire (voir Jean 10.12), qui veut voler
aux veuves et aux orphelins au lieu de les viser pour une attention spéciale de
l’église (Jaques 1.27 : « La religion pure et sans tache, devant Dieu
notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs
afflictions, … ») L’ironie de cette
histoire est que tout cela se passe dans une église de la Vigne (le Vineyard
Church), qui met l’accent sur la grâce de Dieu et non sa justice, sur sa
miséricorde et non sur son jugement.
Cela est arrivé dans une église charismatique, qui veut mettre l’accent
sur les dons charismatiques et l’œuvre du Saint Esprit. C’est vraiment ironique puisque je crois que
le NT, qui témoigne de notre alliance nouvelle et meilleure que nous avons avec
Dieu et qui rend la plupart des lois de l’AT plus valables, n’enseigne point
cette loi de la dîme. Les partisans de
cette loi de la dîme doivent inévitablement faire recours à l’AT. Tandis que le NT n’enseigne jamais cette loi
de la dîme, ce n’est pas du tout comme le NT ne dit rien concernant des dons
charitables, au contraire! Je voudrais
proposer à partir de notre lecture des
passages aujourd’hui que le NT présent l’acte de donner non comme une
obligation exigée par une loi, mais comme un don charismatique. Ce point de vue est négligé le plus dans des
églises charismatiques et pentecôtistes, selon mon expérience : ces église
surtout sont très sincère dans leurs effort de mettre en vigueur la loi de la dîme.
Dans
les Actes des Apôtres, la communauté plantée par les apôtres avait comme son
premier stimulus la descente de l’Esprit saint sur la communauté. Ainsi, Luc ne donne pas des prescriptions
pour la communauté chrétienne saine comme toute dissertation exégétique que
j’ai lue et toute prédication que j’ai entendue suggèrent. Luc décrit plutôt la communauté remplie du
Saint Esprit. Ce même Esprit prophétique qui descende sur les disciples de
Jésus au premier siècle est le don promis à nous tous qui connaissons Jésus et
faisons confiance en lui et qui adorons le Père à son nom. Ainsi, les actes charitables et généreux,
pour que aucun nécessiteux ne se trouve parmi eux, ce sont des réponses à la
réalité incroyable du Sainte Esprit versé dans les cœurs des croyants. Pour confirmer que le NT enseigne cette générosité comme une réponse à
l’Esprit de Dieu, Paul écrit en Rom 12, que chacun doit exercer son charisma en proportion de sa
foi. Pour que nous comprenions que le
propos de Paul concerne des dons charismatiques de l’Esprit prophétique, il
mention en premier lieu la prophétie.
Dans la liste des charismata,
des actes charitables sont mentionnés avec au moins deux mots différents,
« donner » et « pratiquer la miséricorde ». Il est clair à mon sens que si les chrétiens
don à l’église locale ou à d’autres organisations chrétiennes, ou si ils
donnent tout simplement de l’argent aux pauvres, ils le fonts, selon Paul, non
parce qu’il y a une loi qui leur soit imposé, mais comme un résultat de
l’Esprit saint qui a versé la grâce et l’amour de Dieu dans leurs cœurs, et
ainsi ils répondent d’une façon généreuse et joyeuse.
Voici
quelques différences entre la vue que l’acte de donner est plutôt un dons
charismatique qu’une loi de la dîme.
(1)
On obéit souvent la loi en craignant la punition. Ainsi, on obéit la loi de la dîme en pensant
que Dieu permettrait que Satan leur vole, et ceci est en partie vrai (cf.
Malachie 3.6-12). Mais le don
charismatique des actes charitables est fait d’une façon joyeuse (Rom
12.8). Ailleurs, Paul dit que Dieu aime
le donateur joyeux (2 Cor 9.7). Jésus
dit, « Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir» (Actes 20.35). Je peux vous dire que c’est vrai. J’ai eu l’expérience de recevoir et
l’expérience de donner, et je peux vous dire que j’ai plus de joie en
donnant, tout en sachant que, avec les
bénéfices que Dieu nous a données, nous pouvons aider les pauvres et travailler
pour l’avancement du Royaume de Dieu.
(2)
La loi de la dîme met en vigueur des limites.
La générosité charismatique ne
connaît pas des limites. La loi de la dîme insiste que tu donnes dix
pour cent et au delà de cela, ce sont des offrandes de libre choix. Mais quand la veuve a donné un sou, le peuple
la dédaignait, mais Jésus dit qu’elle a donné plus que les autres puisqu’elle a
donné tout ce qu’elle a eu (Mark 12.42).
Si un riche donne dix pour cent et non un sou de plus et dépense tous le
reste de sa richesse d’une manière extravagant et égoïste, il a quand même
satisfait la loi de la dîme—mais est-ce qu’il est rempli du Saint Esprit? Mais un pauvre, qui donne des offrandes de
sa pauvreté mais ne peut donner 10 pour cent, il est coupable selon la loi de
la dîme. Si l’acte de donner est vu
comme un don charismatique, même les pauvres peuvent faire des contributions
dans la foi que Dieu leur récompensera.
(3)
La loi est satisfait par l’obéissance malgré ce qui est dans le coeur. Celui qui donne sous la rubrique de la loi de
la dîme peut être amère, malheureux, et manipulateur, mais malgré tout cela, il
satisfait la loi de la dîme. Mais quand le
don charismatique est en vigueur, l’acte de donner est fait avec de la joie et
l’église est sensible aux contrefaçons.
Quand Ananias et Saphphira ont donné l’argent de la vente de leur champ
(Actes 5), Pierre les a réprimandé pour avoir retenu une portion tout en
faisant semblance d’avoir donner la somme totale. Ainsi, Satan a inspiré le couple d’essayer
faire une contrefaçon du don charismatique.
(4)
Un pasteur qui sert sous la loi de la dîme peut manipuler sa congrégation pour
mettre en vigueur la loi. Un pasteur qui
travaille avec l’idée que l’acte de donner est un don charismatique, enseigne
sincèrement au peuple de sa congrégation comment atteindre la maturité
spirituelle, comment se fier à Dieu en toute circonstance pour leur bien
être. Un vrai pasteur qui voit que sa
congrégation n’est pas généreux priera pour ses brebis que Dieu verse son
Esprit dans leurs coeurs et les libère de leurs chaînes d’égoïsme par
lesquelles Satan les garde prisonniers.
(5)
Souvent ceux qui pratiquent la loi de la dîme pensent que Dieu est obligé de
obéir à cette loi. Ainsi, si je donne,
Dieu doit me redonner, tantôt 10 fois, tantôt 100 fois ce que j’ai donné. Dans ce schéma, l’acte de donner ne se fait
plus par la foi, mais il devient de la magie, un moyen de manipuler la main de
Dieu. Si c’est un don charismatique, on
donne à cause du coeur débordant l’Esprit de l’amour qui guide nos
actions. Puisque Dieu nous aime, nous
aimons les uns les autres et nous sacrifions nos biens afin de soigner nos
prochains et sur la plan physique et sur le plan spirituel. Nous faisons cela tout en sachant que Dieu
est capable de nous garder et de nous bénir.
En
conclusion, je recommanderai une relecture de la doctrine du NT concernant des
dons charitables. Je pense que
l’évidence démontre que le NT ne les voit pas sous la rubrique de la loi de la
dîme mais plutôt sous la rubrique des dons charismatique. Paul dit qu’en tant que Chrétiens, nous
sommes libres en ce qui concerne la loi afin de vivre selon l’Esprit de
Dieu. Ainsi, notre alliance est
meilleure que l’ancienne alliance qui a institué la loi de la dîme. Cela nous libère pour que nous donnions, non
parce que nous devons, mais parce que Dieu a versé son amour dans nos coeurs et
nous a donné de sa richesse tant que nous pouvons démontrer notre appréciation
par notre générosité en des dons qui aident l’avancement du Royaume de Dieu et
qui aident les pauvres et les nécessiteux, car Dieu aiment aussi ceux-la. Une
telle pensée nous libère aussi de la manipulation des faux enseignements dans
l’église. Nous serons également libérés
des chaînes de matérialisme et de la confiance en nos possessions matérielles
que nous avons au lieu d’avoir notre confiance en Dieu, celui qui a créé toutes
choses pour notre joie et notre bien être.
Que Dieu nous aide à comprendre sa parole aujourd’hui.